Projet Interreg Culture d'Avenir Secours populaire français Dominos La Fontaine asbl
vers whatsapPage Facebook du projet
Les partenaires transfrontaliers développent ensemble de nouveaux modes d'accueil, afin d'améliorer l'estime de soi, lutter contre l'isolement des personnes précarisées et les sensibiliser à une alimentation saine.

Le projet vise à : Pour voirdes photos de nos activités, cliquez sur l'image.
- développer un processus de capacitation pour que les participants puissent agir sur leur vie, leurs relations aux autres, dans le cadre du développement durable,
- créer du lien, favoriser l'inclusion sociale des personnes vulnérables par le travail en groupe,
- promouvoir la réconciliation sociale : améliorer la communication, développer l'assertivité,
- améliorer la santé par une alimentation saine et la santé mentale par le travail collectif de la terre.    

Les participants français et belges travailleront ensemble dans chacun des ateliers organsés de part et d'autre de la frontière :
Un jeudi par mois : travail chez des maraîchers bio de Chooz. Un autre jeudi par mois, à Givet : cuisine équilibrée avec des ingrédients locaux, de saison ; repas ouvert à tous.
Tous les mardis : jardinage chez un maraîcher bio à Lisogne (Dinant).
Le calendrier des activités sera adapté en fonction de la météo.

Le budget de 50.000 € est financé par FEDER (Fonds européen de développement régional).
Le projet d'une durée de 18 mois a commencé en mars 2025.

Contacts :
Givet : Jean-Noël Pratz +33 6 85 01 87 67
                   spfgivet@laposte.net
Dinant : David Chibane +32 492 16 45 57
            dlf@dominoslafontaine.be 
 Pour voir les détails des activités sur Facebook, cliquez sur l'image
Pourquoi ce projet ?
Dans l'ensemble du territoire concerné par le projet, les associations de lutte contre la pauvreté sont unanimes pour dire que la pauvreté augmente, alors que l'aide alimentaire est moins facile à trouver. Le système actuel ne suffit plus pour faire face à l'appauvrissement de la population. Par exemple, des habitants d'Hastière, la commune la plus pauvre du territoire, vont demander de l'aide, certains à Givet, d'autres à Dinant, car les services d'aide de la commune d'Hastière qui compte plus de pauvres et moins de magasins que Givet et Dinant disposent de trop peu de vivres à distribuer pour répondre à la demande. La situation ne peut pas continuer à se dégrader. D'autres méthodes de lutte contre la pauvreté doivent être créées. Les deux associations porteuses du projet ont choisi d'expérimenter l'implication du public cible dans la production d'au moins une partie de l'aide dont il a besoin. D'autre part, la dégradation de la santé mentale sur l'ensemble du territoire commun touche plus encore le public précarisé. Il faut donc pouvoir agir aussi sur cette problématique. L'état de santé d'une grande partie du public aidé ne permet pas la (re)mise au travail. Certains, plus âgés, trop malades ne pourront plus travailler, alors que d'autres ont besoin de passer par une phase de (re) socialisation, de (ré)insertion pour pouvoir accéder au marché du travail. De plus, avec l'augmentation de la pauvreté, le taux de mortalité augmente aussi. Du fait de leurs conditions de vie difficiles, de la mauvaise nutrition, l'espérance de vie des personnes précarisées diminue avec la diminution de leurs revenus. Or, le travail dans la nature, en plein air, en groupe et de la cuisine saine, tout cela permettra d'améliorer leur santé tant sur le plan physique que psychique. Les expériences de travail social à la ferme (ici chez un maraîcher) ont démontré que le contact avec la nature est bénéfique et a des effets apaisants reconnus tels que la réduction du stress, une sensation de bien-être, un sentiment d'appartenance et d'accomplissement qui renforce la cohésion sociale. Le jardinage réduit l'anxiété, améliore l’estime de soi et diminue le risque de dépression.
Le travail de la terre en groupe favorise la création de liens et le renforcement de la confiance en soi, des objectifs nécessaires pour améliorer la cohésion sociale et sanitaire sur le territoire (thématique 4). D'autre part, la solidarité que les partenaires ne cessent de développer à travers l'ensemble de leurs réalisations sera renforcée par le projet qui est un prolongement, un nouvel aboutissement, de l'ensemble de l'action des partenaires. Les réalisations du projet créeront des liens concrets, basés sur la solidarité, mais le bénéfice in fine sera aussi une innovation pour l'ensemble du territoire : celui d'ouvrir aux pauvres la consommation d'une alimentation de qualité en circuit court. Le projet sera un modèle à imiter, à reproduire pour améliorer la condition des personnes en situation de pauvreté. L'effet sera positif, tant pour la santé physique que mentale des participants issus de la population fragilisée du territoire commun
Les statistiques confirment le sentiment d'un appauvrissement des zones frontalières :- En France, selon l'INSEE, le taux de pauvreté est de 18,3 % dans le département des Ardennes, alors qu'il est de 9,4 % en Haute Savoie ou de 8,9 % en Vendée. A Givet, le taux de pauvreté est de 26 %. - En Belgique, selon Stabel, le taux de pauvreté est de 17 % en province" de Namur. Selon Sud Info, à Hastière, il est de 52 % (contre 3 % à la Bruyère, par exemple). Face à l'évidence de la nécessité d'augmenter les moyens de lutte contre la pauvreté, travailler en synergie avec des producteurs d'aliments est une voie à développer pour apprendre de leur expérience, de leur savoir-faire, pour pouvoir produire de quoi manger et se ressourcer du travail en symbiose avec la nature, dans une relation de solidarité entre les apprenants et l'exploitant. Le projet va aussi contribuer à faire connaître le maraîchage local, à donner un coup de projecteur sur cette profession. C'est utile, car les maraîchers sont trop peu nombreux dans la région, surtout les maraîchers bio. Pour faire face au défi de la transition écologique, leur nombre doit augmenter, afin de produire une offre suffisante en circuit court. Un des effets du projet pourrait être que des participants entament une formation en maraîchage, bio, de préférence. Le projet va mettre en lumière la production locale de légumes bio et conscientiser la population à l'importance de remplacer la tondeuse par le jardinage ou le pâturage. Il va rapprocher des producteurs locaux, soucieux de l'environnement et des consommateurs qui n'ont pas tendance à se fréquenter. Il va créer ou renforcer des habitudes de la consommation en circuit court et ouvrir celui-ci à un public qui en est très éloigné. Il va aussi rapprocher des producteurs bio locaux transfrontaliers.

Des innovations nécessaires ?
Dans la région de Dinant, le Réseau Radis initié par la Fondation Cyrys a jeté les bases d'une production locale de produits alimentaires, dont des maraîchers bio. Ce genre de production reste le privilège d'une population avertie dont les moyens permettent d'accéder à ce marché. Le Réseau Radis souhaite impliquer le public précarisé dans son action, mais le challenge est un défi de longue haleine. Ce projet est une opportunité d'embrayer dans cette foulée. Une réalisation transfrontalière de ce moyen innovant de lutte contre la pauvreté sera enrichie des perceptions respectives de part et d’autre de la frontière, ce qui donnera du poids à l'action. Au delà de ce projet temporaire, nous espérons susciter des habitudes pour développer le concept de travail social à la ferme, plus particulièrement chez les maraîchers. Concrètement, le projet va mettre en œuvre plusieurs activités sur plusieurs sites. Sur chacun de ces sites, les participants seront issus de l'ensemble du territoire. Un maraîcher bio professionnel, un producteur, accueillera un groupe de participants une fois par semaine sur son exploitation et il dispensera un apprentissage qui permettra aux participants de créer dans le futur, leur propre jardin s'ils le souhaitent. Parallèlement, des ateliers auront lieu chaque mois, de l'autre côté de la frontière, chez une famille de paysans maraîchers, également des producteurs bio, ce qui permettra de comparer les méthodes des deux exploitations. Ces dernières fourniront les légumes pour l'atelier cuisine géré par une diététicienne-nutritionniste indépendante. Il aura lieu une fois par mois. Il aboutira à un "repas solidaire" ouvert aux participants et aux non-participants, habitués ou non des associations. Ce sera l'activité d'ouverture à tout public, afin de faire connaître le projet dans la convivialité. Parallèlement, un travail collectif de conservation de la mémoire du projet visera à réaliser un guide illustré regroupant les apprentissages, avec les recettes de cuisines en annexe. Le but de cette réalisation est de garder une trace du projet dont les auteurs seront les participants au jardinage et à l'atelier cuisine. Dominos la Fontaine a déjà réalisé des productions collectives d'expression culturelle, mais jamais en complément d'un travail manuel.
La combinaison du travail manuel et de la réflexion collective en vue de la production d'un livre est une innovation expérimentale au niveau des partenaires. Cette activité sera un plus pour le développement de la confiance en soi, de la créativité et de l'esprit d'initiative. La grande innovation du projet est de faire sortir les associations d'aide et les personnes aidées de la logique d'assistanat en amenant le public précarisé vers une logique de production, dans un environnement socialisant et propice à son développement personnel. Le projet va créer un changement de paradigme au niveau de la lutte contre la pauvreté en permettant au public précarisé de se réapproprier son alimentation. En cela, il sera un modèle innovant. Le projet s'inscrit ainsi également dans un objectif de justice sociale en favorisant l'accès d'un public précarisé à de la nourriture de qualité. Le projet va également permettre aux associations partenaires la possibilité d'offrir un nouveau mode d'accueil, une alternative à leurs actions traditionnelles. D'autre part, l'organisation du projet veillera à poursuivre des objectifs de développement durable, par exemple, en privilégiant les modes de déplacement doux, les transports en commun et, si ce n'est pas possible, le covoiturage ou le taxi collectif. Ce projet innovant contribue aussi à l'amélioration de la cohésion sociale, sanitaire et culturelle en favorisant l'inclusion sociale par le travail, plus particulièrement le travail en groupe. Il renforce l'amélioration de la santé par le contact avec la nature, le travail de la terre. Les activités (le jardinage, la cuisine et un repas convivial) contribuent à ces objectifs. Elles permettent d'être actif, de faire de l'exercice, d'être en contact avec la nature, avec d'autres personnes. Le brassage des populations transfrontalières rapproche les habitants en améliorant la connaissance des cultures les uns des autres, ce qui permet de renforcer une identité commune et la citoyenneté transfrontalière. La participation d'un public transfrontalier aux différents ateliers va aussi contribuer à construire la confiance mutuelle, car elle permet d'intensifier les contacts nécessaires à un sentiment d'appartenance à la région transfrontalière. Le projet va également renforcer la vie associative et permettre l'acquisition d'expérience en matière de coopération transfrontalière. En tant qu'associations partenaires dans ce projet, nous pressentons un enrichissement réciproque par le partage de nos expériences. En nous ouvrant au réseau l'un de l'autre, nous sommes convaincus que nous allons allons élargir nos perspectives.

Des synergies porteuses d'avenir ?
Nous pensons que le partage des expériences, la gestion collective et participative du projet contribueront à un rapprochement entre la population visée de part et d’autre de la frontière, ce qui renforcera le sentiment d’appartenance et l’esprit européens. Les méthodes de cultures seront respectueuses de la nature, de la biodiversité. Les actions s'inscrivent dans la logique du Pacte vert européen qui vise une transition juste et socialement équitable avec pour objectif d'atteindre la neutralité climatique. Conformément à nos buts et nos statuts, nous travaillons sur l'objectif de justice sociale. Par ce projet, nous allons amener le public précarisé, notre public, à s'impliquer activement dans le cadre de la transition climatique. En agissant à ce niveau territorial transfrontalier, nous allons pouvoir créer des synergies et des complémentarités en termes d’actions concrètes. Ces actions doivent permettre de s’adresser à un public-cible élargi et concevoir une gamme étendue d’activités en réponses aux besoins des personnes précarisées. En agissant à ce niveau territorial transfrontalier nous allons également pouvoir nous renouveler, nous croiser et/ou approcher des pratiques différentes, élaborer des référentiels nouveaux /actualisés, développer des protocoles communs d’intervention. Une approche transfrontalière nous permet enfin de travailler en complémentarité mais également en continuité territoriale en regard des publics précarisés, d’accroître la solidarité et l’accessibilité aux services qui concernent ces publics. Lutter contre les inégalités et les discriminations doit contribuer à relever les enjeux sociaux d’ aujourd’hui et de demain Les avantages que nous, opérateurs du projet et nos usagers et groupes cibles, pourrions obtenir de cette approche transfrontalière sont : • La consolidation d’informations transfrontalières harmonisées concernant la précarité et la pauvreté pour une meilleure compréhension des réalités sociales. • Le renforcement des connaissances des différents modes d’organisation à l’œuvre pour une efficacité accrue des interventions associatives institutionnelles en matière de lutte contre la précarité • Une meilleure connaissance des réglementations (juridiques, techniques, etc.) de la culture administrative, des compétences et/ou de la coordination des actions en matière de lutte contre la précarité et la pauvreté. • Des réponses à la nécessité d’adopter des stratégies d’encadrement communes avec une approche de développement territorial. • Le développement des méthodologies concrètes visant la construction de logiques de coopération et de solidarité entre territoires transfrontaliers • Des réseaux élargis d’acteurs qui se créent et se développent autour des initiatives sur les territoires. Ces avantages seront inévitablement sources d'enrichissement réciproque. D'autre, part, l'attrait de l'ailleurs sera un moteur de motivation, un ressort utile contre la résignation et l'auto-exclusion très fréquentes chez les personnes en situation de précarité. Le déplacement transfrontalier exercera une attractivité bien utile pour vaincre l'inertie due au poids du vécu difficile des personnes précarisées. Le déplacement transfrontalier permettra également de démystifier l'ailleurs au profit de l'ouverture d'esprit et des échanges de pratiques professionnelles. Les communes de Givet, en France et Hastière, en Belgique sont mitoyennes. Il y a toujours eu du déplacement entre les deux, mais sans pour autant vaincre complètement les zones de mystère, d'autant plus qu'historiquement, Givet a été une ville industrielle avec une forte immigration algérienne, alors qu'Hastière plus modeste et coquette a accueilli un abondant tourisme populaire libéré par l'octroi de congés payés, tandis que Dinant, fière et riche considérait les français comme des touristes, des clients. Du côté belge, l'immigration est venue bien plus tard et plus diversifiée en terme d'origines. Ces différences entre ces villes voisines nécessitent plus d'immersion les uns chez les autres, afin d'annihiler les préjugés résiduels et partager les expériences. Par exemple, après une triste période de discrimination raciale renforcée par la guerre d'Algérie, l'intégration a fini par réussir à Givet, malgré la désindustrialisation et l'appauvrissement consécutif, alors qu'à Dinant, l'arrivée d'étrangers de plus en plus nombreux et l'accroissement de la pauvreté finissent par causer de la tension. Par contre, la Wallonie résiste à l'extrême droite, alors que la France s'y engouffre. Le brassage des habitants ne peut que nourrir une dialogique bénéfique au développement d'une citoyenneté transfrontalière, gage d'une véritable démocratie européenne. En restant chacun chez soi, les discussions ne seraient pas aussi riches et les débats resteraient trop pauvres pour être suffisamment opérants..

Les acteurs du projet :
Le projet vise plus particulièrement les bénéficiaires d'aides sociales des deux côtés de la frontière et les personnes précarisées en général, les personnes souffrant de solitude et tout public en besoin de liens. D'autre part, trois PME sont partenaires du projet : le maraîcher Amarante.bio à Lisogne (Dinant), Les Potagers de Chooz, Paysans Maraîchers Utopistes de Chooz et la diétiticienne, nutritioniste Hélène Daloz Derosière. Les opérateurs du projet sont le Secours Populaire Français, Comité des Electriciens et Gaziers de la Pointe de Givet et l'asbl Dominos La Fontaine de Dinant, porteuse du projet. Les opérateurs sont actifs dans la lutte contre la pauvreté, mais aussi dans ce que l'on appelle l'Education populaire en France et l'Education permanente en Belgique. Ces expertises leur permettent de concevoir une approche participative et inclusive de l'aide alimentaire.
Les opérateurs remercient la Fondation Cyrys de Dinant pour ses encouragements, ainsi que pour l'encadrement qu'elle a fourni dans la conception du projet et pour la traduction.

Début des ateliers à Chooz :



Atelier maraîchage à Chooz
Ceux qui ont du mal à se baisser travaillent debout
Les jeunes travaillent le sol.
A travers ces jeunes plants, la force collective est une promesse d'avenir.
.
Dominos La Fontaine est une association reconnue en Education permanente par la FWB